Le nombril du monde
Ma lutte contre les TCA, qui dure depuis plus de 10 ans...
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11-09-2008 - Calor-obsession

 

11 Septembre 2008
Le pourquoi d'une crise... 

J'essaie d'analyser.
Parce qu'il doit bien y avoir une raison pour laquelle mon estomac en veut plus, que mon corps me dirige vers la nourriture.

Hier, je me suis fait dire par un ami de mon chum que j'étais maigre. Que j'avais maigri beaucoup depuis la dernière fois qu'on s'était vus et que je devais manger. Merde... je ne suis pas si petite que ça. Je suis mince, mais de là à dire que j'ai besoin de manger plus, y a une limite. Y a des filles beaucoup plus maigres que moi et personne ne leur dit de bouffer. On les trouve sexy, svelte et on ne soucie pas de ce qu'elles mangent... si elles mangent bien sûr. :P

Résultat de tout ça : je me suis empiffrée hier.
Dès le matin, je savais que la journée allait être propice à la boulimie.
Je me suis levée l'estomac vide, criant. C'est toujours ce qui arrive lorsque la veille, j'ai tenu le coup et j'ai à peine dépassé les 1200 calories. Je paie pour le lendemain. Donc, au réveil, j'avais envie de dévorer. J'ai été sage et je me suis achetés une barre granola. Puis pour le diner, j'avais un diner congelé... qui ne m'a pas satisfait du tout et j'ai mangé 30 minutes plus tard une barre de protéines au chocolat. J'ai tenu le coup jusqu'à 18h, où une faim s'est emprise de moi et j'ai grignoté un petit sac de bonbons Maynards. Je suis allée donner mon cours de danse et devinez... ? À la sortie, j'étais affamée encore! Alors je suis allée acheter un plat de riz au boeuf teriyaki et un dessert. 1800 calories, 22h.

Je vais me coucher... pour me réveiller 2h plus tard. J'enfile une barre de chocolat. + 200 calories. Je me recouche. Me réveille 1h plus tard. 2 poudings au chocolat + 200 calories et un bol de fromage cottage : + 200 calories. Le pire, c'est que j'avais faim.

Total de la journée, un immense 2400 calories. Ouach.
Je me dégoute quand je dépasse 1500. C'est comme si j'étais un échec sur 2 pattes et que j'étais nulle de ne pas avoir su résister....

Donc aujourd'hui, grosse restriction et gym.
Je dois perdre ces calories de trop, ça me dégoute et je me sens horrible.


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11-09-2008, 17:21:45 RubbaDucky

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03-11-2006 - Calor-obsession

 

TGIF
Enfin... 


boulimique
Hier, comme j'avais le moral dans les talons, je regardais des sites d'informations sur les TCA, particulièrement la boulimie... question de m'enfoncer encore plus. :P
Évidemment, je corresponds à tous les critères de quelqu'un de boulimique. Une personne perfectionniste, qui en apparence, a un poids normal, mais qui se soucie tout de même de son physique, de son poids, qui détruit ses propres projets et qui crise, pour ensuite compenser en jeûnant ou en mangeant très peu, en prenant des laxatifs, en faisant du sport et/ou en vomissant.

En continuant de lire sur les causes et raisons, j'ai trouvé des articles sur la sérotonine. Cette fameuse hormone du bonheur.
http://www.something-fishy.org/isf/genetics.php

En d'autres mots, l'article mentionne que ce n'est pas l'unique raison des TCA, mais que la génétique a sûrement un rôle à jouer et certaines personnes sont peut-être "prédisposées génétiquement" à développer cette maladie.
Moi, ce que je me demandais, suite à la lecture, c'est pourquoi ?
Pourquoi certaines personnes naissent et ont un taux déficient de sérotonine.
Je pourrais également me demander cela pour toutes les foutues maladies comme le cancer, la leucémie...
Qu'est-ce qui cause cette déficience ? Pourquoi j'ai un défaut de fabrication ? Et pourquoi personne n'essaie d'en synthétiser pour combler le manque ?
Moi, j'en achèterais bien. Une
 caisse de 24 même.Ou mieux, je prendrais un abonnement annuel.

Bon j'imagine que c'est pas aussi simple que ça, et de toutes façons, même si on réussissait à en synthétiser, est-ce que ça règlerait vraiment le problème ?
Est-ce vraiment juste ce débalancement hormonal qui est la cause de nos problèmes ou si c'est encore plus profond ?
Évidemment, c'est un cercle vicieux. Moins bien on se nourrit, plus notre taux de sérotonine descend. Et plus notre sérotonine est basse, plus c'est compliqué de manger normalement. Comme n'importe quelle maladie psychologique, le mal devient la cause, la cause devient le mal.


être maman
Sur cette lignée de pensée, je me suis demandée les vraies raisons de pourquoi je ne veux pas d'enfants.
Parce que j'ai trop peur de mettre au monde un enfant qui souffrirait comme moi. Comment je réagirais face à ma petite fille qui refuse de se nourrir, ou qui se regarderait dans le miroir et qui serait incapable de voir combien elle est magnifique ? Je ne pourrais pas l'endurer et surtout, je m'en voudrais à mort. Parce que ce serait MA faute, à cause de moi, mon enfant serait malade. Je ne veux pas.

Avant, je pensais que je ne voulais pas tomber enceinte simplement à cause du poids, de la bedaine, etc... En réfléchissant bien, c'est plus profond que ça.
Je me fous du physique, je trouve meme ça jolie une femme enceinte (enfin, pas toutes, mais certaines resplendissent). J'aimerais bien poser la main sur mon ventre étiré et sentir quelqu'un vivre en moi. Mais trop peur d'élever un enfant dans ce monde de fou et de devoir dealer avec la culpabilité possible de mettre au monde un enfant "défectueux". Encore ce désir de perfection qui se glisse, subtil, dans mon petit monde d'idéalismes.

Je me sens condamnée. Et comblée.
J'ai toujours voulu souffrir de quelque chose de grave quand j'étais petite. J'enviais ceux qui se cassaient une jambe et qui devaient se promener en béqulles. Je me disais que moi aussi, je voulais vivre ce genre d'expérience, en baver dans la vie et ne pas avoir tout facile.
Mon voeu a été exaucé on dirait. En effet, c'est pas facile. J'en bave.

J'aurais donc du la fermer.


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03-11-2006, 16:32:30 RubbaDucky

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24-10-2006 - Calor-obsession

 

Petit post de fin de soirée
Ou réponse à Meow...


Hey Le Chat Masqué !
Faisait longtemps... :)

C'est pas fou ce que tu dis, mais crois-moi, y a vraiment une différence entre manger beaucoup (gourmandise) et criser. C'est deux choses complètement différentes. Et je sais faire la différence :)

Manger beaucoup, par sensation de faim, ok, je l'accepte.
Manger beaucoup, par compulsion, sans savoir s'arrêter aux signes de satiété... c'est une autre paire de manche.
J'avoue que probablement mes repères sont tout fuckés, je sais plus ce qui est une crise, une gourmandise ou un appétit normal. Mais le sentiment de culpabilité qui vient avec la crise, c'est pas juste le fait de dire Merde, j'ai mangé.

Ça me culpabilise pas de manger. Enfin, quelques fois oui, mais bon... passons :)
Dans mon cas, c'est surtout Meeeeerde !! Arrête-toi, tu vas te rendre malade. Et surtout... mais pourquoi ??! Pourquoi je peux plus m'arrêter ? Pourquoi j'ai envie de tout, que je ne peux passer 5 minutes sans avoir quelque chose dans la bouche ? Pourquoi quelque chose de si simple (je mange, j'ai faim) devient si compliqué, si présent ?

Je sais que manger c'est bon pour la santé. De toutes façons, je ne pourrais pas passer des jours sans manger ou presque comme avant. J'ai besoin de manger, aux heures de repas, aux collations. J'aime manger aussi. Mais... comme partout ailleurs dans ma vie, je ne me fais pas confiance.
Et si c'était trop ? Pas assez ? Le meilleur choix que je puisse faire ? Est-ce que ça correspond vraiment à ce que je veux manger ? Et si j'avais pas du ? Est-ce que je pouvais vraiment me le permettre ? Quelle conséquence que ça va avoir...
Gneuuuuuuuuuuuuuuuh...

P*tain, est-ce si compliqué que ça de prendre une décision, de ne pas regretter et de vivre avec ?
Je fais ça partout, au boulot, dans mes achats, etc... alors c'est clair qu'avec la nourriture aussi.
Éternelle indécise.
Je dois assumer mes choix, mes décisions.
Le fait de douter entraine cette foutue culpabilité...

Pis ouais, je devrais recommencer mes Semaines Sans Balance...
J'avais bien commencé, tenu 3 semaines et puis, j'ai tout laissé tomber suite à un week-end de folleries gastronomiques.
Sigh... go go go !

Hey Miss Meow...
Merchi :)
J't'aime fort tu sais, une chance que tu es là pour me remettre à ma place.
Grrrros bisous pis profite bien de ton gros 20 minutes de cours :P

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24-10-2006, 04:24:39 RubbaDucky

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23-10-2006 - Calor-obsession

 

Fierté éphémère 
Attention, dose massive de blabla ci-dessous...

Merci Arissra (merde, je dois toujours me reprendre 2 fois pour écrire correctement ton nom lol) et à I pour vos comms. :)

RubbaDucky psychologisée
Pour répondre à Arissira
J'ai décidé de moi-même de consulter une psy il y a environ 4-5 ans. Je l'ai vue pendant 3 ans en tout et ça m'a vraiment aidé. Pas à guérir des TCA, parce que c'est toujours là, mais à me mieux me comprendre, à avoir plus confiance en moi et surtout, à me donner des outils lorsque je me sens complètement désillusionnée.

On parlait rarement de mes troubles alimentaires, parce que pour elle, c'était pas ça le bobo. Cela cachait une douleur plus profonde, un mal caché, et elle voulait déterrer ces petits démons qui me torturaient. (On dirait de l'exorcisme écrit ainsi !!)

J'ai parlé beaucoup de mon gros 0 de confiance en moi, ma peur du nouveau, ma timidité, mes 2 "moi", mes angoisses permanentes... de tout et rien, car si je gère mes émotions avec la nourriture, cela passe, comme l'a écrit I, de la simple contradiction aux grandes déceptions ou angoisses.

J'avais déjà consulté dans le passé, une fois durant mon hospitalisation et j'avais décidé à ce moment que les psy, ça valait pas de la merde, désolée de l'expression. Elle ne faisait que dire oui, je comprends et ce genre de clichés typiques aux psys. Ça n'avançait pas, j'avais pas l'impression de progresser... mais peut-être aussi que je n'étais pas prête. Finalement, après 3 ans d'anorexie, au bout du rouleau et totalement désemparée, j'ai cédé et accepté de voir une psy que me recommandait la directrice de mon école de danse, elle aussi ex-TCAienne. Dès le premier rendez-vous, je me suis sentie bien de parler avec cette madame chauve, naturopathe, douce, souriante et dégageant une force et une sérénité. J'avais pas envie de lui dire des conneries et de lui mentir. Elle n'a jamais blâmé quoi que ce soit de mes comportements bizarres, elle était comme une maman avec moi, elle me proposait de séances de détente lorsque j'étais à bout, on parlait de couleurs d'imagesdans ma tête et de forces à placer dans des endroits respectifs dans mon corps. Ça peut sembler con et banal, totalement innaproprié, mais moi, j'ai compris tout de suite da façon de faire, son but dans tout ça et je m'y plaisais bien. J'aimais l'idée d'exprimer mes peurs avec des images, des dessins, de faire de la visualisation. Ça n'a pas fait effet tout de suite. Ça prend du temps. Des fois, j'avais l'impression de stagner, de ne plus avancer. Des fois, je revenais d'une séance anéantie, complètement insécure de ce que je voulais, ce que j'étais... Je cheminais toute la semaine et au rendez-vous suivante, j'avais réalisé plein de trucs importants, fait le ménage dans mes idées et j'étais prête à continuer à avancer.

La psy ne fait pas tout le travail. Elle donne seulement des outils, des hints, des points à surveiller et qui peuvent être intéressants pour progresser. J'aurais pu faire le même cheminement seule. Mais je n'avais plus le courage, j'avais envie d'être épaulée, c'était une côté trop difficile et trop abrupte pour le faire seule. Trop de choses accumulées au fil des années, pas capable de structurer ce ramassis de bêtises, de tristesses, de peurs. Elle m'a guidée, simplement, et après 2 ans, j'acceptais de sortir de l'aorexie... pour tomber dans l'hyperphagie. Mais qu'mporte, une étape était faite.

J'ai attendu 1 an avant de la revoir. Je voulais me débrouiller seule, j'étais une adulte. Mais en janvier 2005, j'ai retombé dans une profonde déprime. Je pleurais pour rien, j'étais grosse, je ne contrôlais plus rien, je mangeais tous les jours à me défoncer, Monsieur m'avait fait beaucoup de peine, ça allait mal au boulot... bref, tout était contre moi on dirait. Je l'ai revue pendant 2 mois, avant de décider de repartir de mes propres ailes une fois de plus. Je me suis reprise en main, entamé une perte de poids et arrêté les compulsions quotidiennes. Après 1 an, j'avais repris un poids normal, je me sentais tellement mieux dans ma peau. Je remercie cette femme d'avoir su me redonner confiance, d'avoir été si patiente et si compréhensive face à mes problèmes. Je me considère chanceuse et privilégiue d'avoir pu rencontrer cette femme impressionnante.

Voilà ma grande histoire de la consultation psychologique :)


RubbaDucky analysée
Pour répondre à I.
Merci pour ta réponse. :)
Déjà, trouver la cause des crises, c'est un gros pas je trouve en avant. Maintenant, il suffit de trouver un moyen pour compenser ces crises, quelque chose d'autre à te tourner vers en cas d'angoisse, de déception, etc.
Le plus difficile quoi :)
Réfléchir, comprendre, c'est relativement facile.
Agir, c'est la grosse étape. Parce qu'à quelque part, cela nous réconforte malgré tout de criser. On culpabilise, mais le temps de la compulsion, on se sent "bien". Enfin, dans mon cas, je me sens ok quansd je crise. C'est le après qui est pénible.

La boulimie, c'est une drogue je trouve. Droguée à la bouffe.
Quand la crise monte, cela devient une obsession. On ferait tout pour assouvir notre besoin de criser non ?
Moi aussi j'ai beaucoup réfléchi au pourquoi de mes crises. C'est sensiblement les mêmes raisons que toi :)
Il y a des semaines où tout va bien, je n'y pense presque pas, je ne ressens pas le besoin et puis, bam! ça me retombe dessus et j'ai besoin de me droguer à la nourriture. Stress, peine, déception, angoisse, colère, punition, etc... Toutes les raisons sont bonnes. Il se peut un matin que je me lève, que tout aille bien, que je me trouve super jolie, rayonnante et puis, au fur et à mesure que la journée avance, plus rien ne va. Je commence à me trouver horrible, laide, grosse... perdre toute confiance en moi... et souvent, ça se termine avec le ventre plein et de la culpabilité à revendre. Pourquoi ce besoin de se faire mal, de se punir ?

Parce que j'ai pas su garder confiance en moi.
J'ai pas su rester forte.

Je ressens la même chose que toi. Tant que je ne serai pas vraiment "moi", je ne serai pas bien. Je ne suis pas encore celle que je suis vraiment, je me cache encore, je ne suis pas à mon plein potentiel. J'ai peur d'être moi. Je suis gênée d'être moi. Mais je sais qu'un jour, bientôt j'espère !! je serai moi, je m'assumerai et je sais que du coup, tous mes problèmes vont se régler.

Merci encore pour ton petit témoignage :)

petite tranche de mie
Mini-crise BNV hier.
Mais toute petite hein.
3000 en tout pour la journée, c'est minime comparé à la semaine passée.
Fière de moi ? Oui :)
Gâteau au fromage ? Délicieux !! RubbaDucky gourmande
Balance ? 117, une petite livre de plus que samedi, rien ne pertubant et de démoralisant.
Estomac ? En bon état ce matin, ça fait du bien de ne pas se sentir sursaturée de gras et de sucre.
Moral ? Goooooooood :)

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23-10-2006, 16:08:39 RubbaDucky

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18-10-2006 - Calor-obsession

 

Yawn
Ou comment s'injecter de la caféine dans les veines

cycle des TCA
C'est drôle Miss Courriel que tu me parles du cycle infernal de restriction-crise.
J'en parlais justement avec Monsieur hier soir au souper.
On mangeait du spaghetti et j'avais acheté un gros pain belge. Je lui dis que c'est cool, il va nous en rester demain... et lui de me lancer, ironique (mais gentimment), que c'est pas sûr, que probablement demain matin, il n'en resterait plus car j'allais lui faire une visite nocturne.
Drôle. Bin drôle.
Je lui jette alors que je ne crise jamais la semaine. Que je me restreins. Et que c'est en gros là mon problème.
Je me prive la semaine, mange à peine plus de 1200 calories pour perdre le poids accumulé lors des crises du week-end... et cela me fait recriser la fin de semaine.
Je le sais.
Toutes les TCAiennes le savent.
Sauf que p*tain, comment on fait pour sortir de ce cercle vicieux ??

Tellement peur de manger raisonnablement la semaine ce qui me fait envie et de ne rien perdre. De prendre du poids même. Et si je crisais quand même le week-end venu ? Je vais me mettre à enfler indéfiniment ? Non merci. J'ai déjà été grosse une fois dans ma vie, mais réellement grosse, pas juste une impression et pas envie de retourner là, de refaire tout ce long chemin. Merde, ça m'a pris 1 an perdre tout ce poids, j'ai pas envie de recommencer. Ma vie c'est pas faire le yo-yo. Si seulement je... j'hésite ce que je veux écrire ici. Si seulement quoi ? Je pouvais m'accepter un jour à un tel poids, me satisfaire de mon image ? En fait, c'est pas une question de poids, mais une question d'estime de soi.
Est-ce qu'on en vend en paquet de 10 de ce truc-là ?

...

ossature forte
Hier, je m'amusais à faire des tests sur internet en attendant que le CMS dégèle.
Des tests de poids idéal, de taux de masse grasse. Bref, les trucs cons que les TCAiennes font dans leur temps libre. Et c'est pas comme si c'était la première fois, mais lire que je suis normale, pas grosse, dans la moyenne, me réconforte.
J'entoure mon poignet avec l'index et le pouce. Mes doigts ne se touchent pas, loin de là. Pourtant, j'ai des mini-poignets, tout fragiles et osseux. Verdict : ossature forte.
Donc, selon un test, mon poids idéal est de 118 à 121. J'ai mon poids idéal. Cool.
Et re-donc, si je descends en dessous de 118, je suis mince. Quel raisonnement ! Comme si ce test était la vérité absolue. Alors que chacun est unique et f*ck le poids ou X facteur...
Je le sais, tout le monde le sait, mais pourquoi je m'attache à cela ?
Mon taux de masse grasse, selon mon poids et ma mesure à la taille, un joli 18%. Lean que ça disait. Je suis lean, sur le bord d'être very lean. Ah ouais ? Pfff, je me relis et je me décourage de penser à ces trucs-là.

la peau et les os, 17 ans après
C'est un film qui sort le 3 novembre ici au Québec. J'ai pratiquement pleuré en voyant la bande-annonce, sensible que je suis. J'en parlais avec ma mère lundi matin, suite à ma gigantesque crise. Je me sentais mal, besoin de parler, de me vider le coeur sur ce que je suis, ce que je fais. Ce qui me passe par la tête.

En gros, je me punis. Pour tout et rien.
Parce que je suis déçue, parce que je n'ai pas réussi à reperdre tout le poids pris au cours du week-end passé, parce que je me sens pas jolie, parce que je veux être aimée, parce que j'ai des désirs inassouvis que je ne peux même pas exprimer. Je me punis en mangeant comme une grosse truie, tiens prends ça, sale conne, tu sais pas te discipliner. Prends du poids, tu vas être triste demain, ça va te motiver à perdre encore plus. Mange, mange jusqu'à ce que tu éclates. Tu vas bien finir par te tanner de tout ça et mettre une fin. Tu veux manger ? Mange jusqu'à l'écoeurement. Donne-toi mal au coeur. Souffre un peu, sale égoïste qui ne pense qu'à soi, à son petit bonheur et à son petit nombril. Bla bla bla, mon pois, j'suis grosse ! Ta gueule, tu n'es pas grosse, tu te plains pour rien, tu es SUPERFICIELLE, INSATISFAITE et ÉGOCENTRIQUE. Tu ne seras plus mince et jolie, tu vas devenir moche et grosse. Là au moins tu te plaindras pour quelque chose.

Oui... ça me passe par la tête tout ça.
Des fois, j'ai envie de mettre fin à tout ça. Mais vraiment. Disparaître, dormir, peu importe la façon, mais ne plus me faire souffrir. Je suis ma pire ennemie et je dois cohabiter 24h sur 24 avec elle. Une méchante moi qui me dit que je suis nulle, poche, incompétente et pas si brillante que tout le monde le dit. Que ce sont des menteurs, des hypocrites, qu'ils te protègent contre le vrai monde. Dans le vrai monde, tu n'es rien pauvre fille. Tu n'es ni merveilleuse, ni talentueuse, tu es dans la moyenne,pas plus.

Et ma fascination de la minceur.
J'aime voir les os, les toucher. J'aime passer ma main sur l'os de mes hanches, les sentir pointer sous ma peau. Pourquoi ? Je sais pas. J'aime ça, c'est tout. Il n'y a rien à comprendre. Les TCA ne sont pas une maladie logique et raisonnée. C'est tout le contraire, c'est la confusion, l'anarchie, le désordre total, physique et psychologique. Je n'aime pas la maigreur. Elle me fait peur, elle me fâche. Je l'envie. J'aurais aimé rester maigre, mais je ne l'ai pas fait parce que c'est mauvais pour moi. Je suis jalouse de ceux qui le sont, parce que ça me donne un pincement au coeur, j'étais là, moi aussi, je ne le suis plus. On m'a enlevé cette distinction, ce qui exprimait mon mal. Encore contradictoire, je préfère les femmes avec des courbes, minces, mais sexy, voluptueuses. J'aimerais être comme ça, perçue comme une femme sexy, tout en courbe et bien proprotionnée. Mais j'ai l'impression de n'être qu'un vilain canard, une pâle copie d'une femme, une imitation dérisoire. Je cherche inlassablement la star, ou la vedette, qui aurait un corps semblable au mien, question de me rassurer. Que je ne suis pas si horrible que ça, qu'il y a d'autres femmes comme moi et qui sont perçues jolies et sexy. Pourtant... je suis moi et moi seule, être unique et spécial. Mais tellement insécure dans ce grand monde hypocrite et sans pitié.

Au moins, avec Monsieur, je me sens réellement bien. Un petit oasis, qui me permet de m'échapper à moi. Pas rien à prouver, rien à me reprocher. Juste lui, lui et ses yeux qui brillent, lui et ses lèvres qui m'embrassent, lui et ses bras qui me consolent. Un torse de Monsieur, et son odeur, c'est le plus cadeau de ma vie, le plus confortable.

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18-10-2006, 15:09:46 RubbaDucky

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01-10-2006 - Calor-obsession

1er octobre 2006

Daaaaaaaamn !
Je sens la crise monter...


L
evée du corps à 9h30.

Envie terrible de me jeter sur du fromage, du pain, du chocolat.
Ça commence bien.

Je suis seule à la maison aujourd'hui.
Monsieur travaille aujourd'hui..
Je panique, je vais au gym.
45 min de stepper, le quotidien quoi.
Pas le courage d'en faire plus.
J'ai une boule dans l'estomac.
Mon esprit est rempli de nourriture, j'y ai rêvé toute la nuit.

Chemin du retour.
Arrêt inévitable dans une épicerie.
Quiche, Jell-O ss ssucre dans mon panier.
Et carte pour la fête de mon père.
Quiche : au cas où je passerais à l'action et décide de passer à l'action.
Jell-O : pour tenir le coup si je décide de ne pas criser.

Maison, je prépare les brownies que j,ai achetés durant la semaine.
C'est planifié, je mange cela ce soir.
Mais l'angoisse continue de monter.
Pesée : 116.
Comme hier.
Fiou.
La tension baisse d'un cran.

J'essaie de me changer les idées.
Je danse un peu, baladeur sur les oreilles.
Ça me calme.
Je me sens un peu mieux, ma tête se vide.
Je vais dans la douche, me coiffe.
J'ai faim.
Je fume 2 cigarettes.
Je dois travailler aussi.
J'ai pas envie. J,ai déjà travaillé 50h cette semaine.
Il pleut dehors.
J'ai mal, ma peau m'énerve, mon corps, tout mon moi est de trop.

Respire.
Je me prépare un café.
Jette le tiers des brownies aux poubelles.
Une réduction de 500 calories.
Ouf.
Je me trouve pathétique.
Mais l'angoisse continue de baisser.

...

Avec la chanson Let me Luv U de Chingy sur repeat, je me mets au boulot, café dans une main, mes 6 Jell-O et un peu de fromage cottage devant moi.
Je dois me calmer.
Tout va bien aller.
Je ne veux pas criser bêtement et me sentir mal (pas juste dans ma tête, mais physiquement aussi).
Je tiens le coup depuis si longtemps.
Pas envie de me remplir inutilement de nourriture.
Et me sentir comme une merde.

Je vais tenir le coup...


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01-10-2006, 19:37:17 RubbaDucky

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28-07-2006 - Calor-obsession

Vendredi 28 juillet 2006

MiniCrise
Ou quand manger normalement me semble énorme.

 

 

Minuit.
Je me lève.
Je viens de m'endormir, pourquoi je me réveille déjà ?

Direction cuisine.
3 tranches de pain.
Retourner dans le lit avec ma "collation".
Miettes de pain. Manger la croûte avant. Puis la mie. Miam.

Soif.
(Re)direction cuisine.
Vide ma bouteille de 7up diet (dégueu, elle est même plus pétillante).
Regarde l'armoire.
Calcule.
4 tranches de pain.
Retourne dans le lit.

Miam.
Re-miettes.
Toujours la croûte en premier. Écraser la mie entre ses doigts.
J'adore la texture du pain. Moelleux. Frais. Blanc.

Épousseter les miettes. Parce que c'est désagréable pour dormir.
C'est comme effacer le grignotage.

Je me relève. Soif encore.
Cette fois, c'est du lait.
Mais ma main se dirige vers le congélateur. Chocolatines.
Je prends une bouchée. C'est dur, froid, congelé.
Non. J'ouvre les deux victimes.
Grignote le chocolat froid.
Jette la pâte.
Cette fois-ci, je vais boire du lait.
Calcule.
2000.
Ce que je suis supposée manger en fait.
Tant pis.

Brossage de dents en règle.
Mes dents me font mal ces temps-ci et je suis sûre que le fait de grignoter la nuit sans me rebrosser les dents par la suite est une raison.


Je me recouche.
Culpabilité
J'aurais pas du manger tout ce pain...

Ce matin, le ventre encore rempli de pain et de lait.
La balance me le confirme.
Saloperie !
Tant pis. C'est fait.
Direction : gym à 5h15 du matin.
Déculpabiliser.
Limiter les dégâts.
60 minutes de stepper.
Crevée.
C'est ridicule.

Mais je ne suis pas fâchée, ni de mauvaise humeur.
Juste que je me sens mal d'avoir craqué sur du pain. Aussitôt qu'il y en a dans la maison, incapable d'y résister.
Solution : ne plus en acheter ?
Priver Monsieur du même coup de pain ?
Je pense qu'il comprendra.
J'espère qu'il comprendra.
C'est juste trop con tout ça.


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28-07-2006, 15:57:29 RubbaDucky

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24-07-2006 - Calor-obsession

Dimanche 23 juillet 2006

Lendemain de veille
Ou histoire d'hyperphage.

13h
J
e reviens du gym, après ma séance de stepper et de jogging.
Je passe à l'épicerie, besoins alimentaires du Monsieur obligent.
Première erreur : J'achète un sac de 6 chocolatines et un brownie. Et 2 biscuits double chocolat. Crise, je veux manger. La bouffe occupe tout mon esprit. Vite, retourner à la maison et s'empiffrer.

De retour à la maison, je file sur mon ordi, 2 chocolatines dans les mains. Je blogue, je googole... Je m'emmerde. Retour dans la cuisine pour les 2 biscuits. J'ai même pas faim, mais je veux manger. Les 2 pauvres victimes sont dévorées en moins de 2. Ça n'a pas pris assez de temps, je veux encore plus. Je vais chercher mon brownie. Je dois laisser du temps à mon pauvre estomac de digérer. La nausée s'installe. Je laisse le temps passer.

Je me sens horrible. Je finis par tout manger, par petites séances pour ne pas vomir. J'aurais du le jeter, l'idée m'a passé par la tête plusieurs fois, mais je suis lâche. Je me sens mal physiquement. Vite une gomme et direction lever le Monsieur.

15h
J
e me colle contre lui. Sa peau est chaude, ça me fait du bien, Envie d'être désirée, aimée, de me sentir belle. De masquer mon ventre gonflé et douloureux. Les larmes me montent aux yeux, mais ma gorge serrée ne les laisse pas s'échapper. Je veux crier ma douleur. Je veux me fusionner avec lui, disparaître. Je t'aime. Mais j'ai mal. Je me colle encore plus. Il m'enlace. Je veux mourir ici et maintenant.

17h
R
epas au resto avec ma famille et Monsieur. J'ai tout sauf envie de manger. Mon estomac est encore lourd et incapable de digérer tout le chocolat que je lui ai fait ingérer. J'essaie de me forcer, mais même la soupe en entrée ne rentre pas. J'essuie quelques commentaires sur mon assiette. Je ne vais pas bien. Je veux m'en aller. Tout le monde parle trop fort, je veux être seule... Personne ne comprend.

20h
S
oirée CSI. J'ai un sac de bonbons Sour Patch Kids dans les mains. Souvenirs d'enfance. Langue brûlée, papilles gustatives détruites. Miam. La deuxième crise débute. Je me laisse des pauses entre chaque nouvel aliment, le temps de faire descendre la nourriture. Je cale du lait, je survis en mâchant de la gomme. Je veux manger, me détruire. Mon estomac brûle, mes dents font mal, mes gencives élancent. Mon corps surchauffe.

Ta gueule !
Tu fais ce que je te dis ! Mange salope !

Je ne compte plus. Crème glacée, chips, riz, frites, bonbons, chocolatine. Peu importe. Je mélange les goûts, les odeurs, les textures. Je suis une bouche. Remplissez-moi, je suis si vide. Si vide de tout. Mais même remplie à craquer, je me sens toujours vide. Penser à autre chose...

Je fais ma sexy pour Monsieur. Ça passe dans le beurre. Je me recouche sur le sofa, mon petit déshabillé blanc inutile. Au moins, comme ça, j'ai moins chaud. Aucune position n'est confortable. Je regarde les aiguilles de l'horloge tourner.

Minuit
C
oup de gong.
Stop.
Une nouvelle journée commence, les compteurs sont à zéro. J'arrête de manger, de boire. C'est fini. Mais je me sens comme une merde. Envie d'aller me coucher maintenant. Mon ventre est tout gonflé. Je dois peser maintenant 125, avec toute cette nourriture en moi. Violée par la nourriture.

Respire. C'est fini.
Tu repars à zéro.
Je tombe de fatigue à 3h. Mon corps est scrap, mon estomac aussi, ma tête fatiguée de ce combat. Dodo. Oublier. Vivement demain pour faire attention et entreprendre de faire fondre toute cette graisse qui s'installe déjà confortablement sur mes hanches et mes cuisses.

Total de la journée ? Trop.
Mais disons plus de 7000.
Wow. Je vais inscrire cela dans mon livre des records.

Je suis malade.
J'essaie d'avoir l'air normal pour les autres, mais j'ai mal. 7 ans de TCA ne disparaissent pas parce que je suis en amour, un poids normal et que je sais m'alimenter.

J'espère qu'avec le temps, je vais finir par me lasser de tout ça, que je vais redécouvrir celle que j'étais avant. Mais c'est long. Le processus de guérison (s'il existe) est aussi long que l'incrustation de cette maladie.

Je suis patiente.
Mais je commence à être lasse.
Ne me jugez pas.

_____________________
Cet article a été retapé, l'original était un peu différent.
Mais je tenais à le retaper pour exprimer ce que je vis.


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24-07-2006, 00:08:37 RubbaDucky

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21-07-2006 - Calor-obsession

Brownies !

Brownies...
Il me dit "Mange moi !" ce salaud...

Ok c'est con faire un post pour un brownie :)
Mais ce matin, en allant chercher ma boîte d'haricots pour accompagner mes pâtes, je me suis laissée tenter par un brownie fait maison et une barre de fruits séchés. Je ne voulais pas acheter le brwonie, car j'achète des trucs comme ça, c'est assuré que je le mange avant le soir. Mais je me suis laissée tenter, me disant que je le prendrais que ce soir.

Et là, il est que 14h et il me tente trop ! Pourtant, j'ai bien mangé jusqu'à maintenant (céréales ce matin, pâtes 3 fromages + haricots + barre de fruits ce midi) et je vais aller ingérer un 500 cal inutiles ? Ça me stresse trop cette connerie, j'ai envie de le jeter aux poubelles direct pour qu'il arrête de m'embêter. Si je le mange, je vais déjà être rendue à 1000 cal et ça, c'est inconcevable, car il me reste le souper et la collation du soir à prendre.

Grrr... je vais aller me faire un café pour passer l'envie... mais je me déteste de me prendre la tête comme ça... :'(
Si seulement ça pouvait être simple...

______________________________________________
15h
Eurk...
Pas pu résister.
Dégoûtant.
J'avais même plus faim et j'ai fini ce putain de brownie.
Mais il était bon, je dois lui accorder ça.

Bravo, miss.
Un gros 470 calories pas du tout nécessaire, maintenant la nausée.
Je hais cette maladie.
Maintenant, il y a deux options. Soit je mange raisonnablement le reste de la journée (sous 2000 cal) ou soit ça va se terminer en crise phénoménale.
Parce qu'avec moi, c'est noir ou blanc. Y a pas de juste milieu.
Et demain, résultat désastreux sur la balance, après une semaine d'efforts... Grrr

Non.
Faut pas.
Je dois être forte et continuer ma journée normalement. C'est pas parce que j'ai mangé quelque chose de non habituel ou de non autorisé que ça doit se solder en crise.
Courage.
Peur.
Soupir.
Heureusement, je sors ce soir, ça va me changer les idées.


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21-07-2006, 20:24:33 RubbaDucky

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12-07-2006 - Calor-obsession

Mercredi 12 juillet 2006

Whaaaw ?
Ana is back... ?
 


A
près 3 ans sans Ana, elle revient me tenter.
Elle me chuchote à l'oreille de me tenir sous la barre des 1200 calories par jour.
Me murmure que j'ai du poids à perdre encore. 
Me lance que je serais mieux avec 10 livres de moins.
Me crie que mon cul est énorme.
Mon ventre rebondi.
M'insulte. 
Me prend la main et me pointe la perfection, une fois de plus.
Je l'emmerde !
J'avais réussi à l'oublier.
Je croyais que c'était du passé...

Pourquoi...
Le pire, c'est que j'ai envie.
Envie de ne pas manger beaucoup pour le reste de la semaine, de me jeter sur le stepper et y passer des heures entières.
De descendre plus bas que d'habitude.
De me maintenir non plus à 115, mais à 110.
D'être plus mince, plus fine.

Et qu'est-ce que cela m'apportera de plus ?
Rien.
Absolument rien.
À part de la marge.
Et voilà.
Ce terme revient dans mn vocabulaire.
Marge.
Peur.
Protection.

Ana veut m'apporter une protection.
Une fausse protection.
Mais si alléchante...
Une légèreté.
Je suis lourde.

Je planifie déjà mes prochains jours côté gym.
Je suis Ana.
Je suis Ana ?


Je ne comprends plus rien.

Je ne sais pas.
Je doute.
Je me regarde.
Est-ce vraiment moi ?

Je vais tenter de ne pas l'écouter.
Je vais me faire du mal.
Je ne veux pas me faire mal

Je ne veux plus entendre cette voix.
Je suis bien comme je suis.
SVP, dites-moi que c'est vrai...

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12-07-2006, 21:26:14 RubbaDucky

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05-07-2006 - Calor-obsession

À Miademoiselle...

Miademoiselle...
Je t'écris sur mon blog, en espérant que tu passes sur cet article...


 

 

 

 

 


 

Je viens d'aller sur ton blog... et je suis triste. :(
Je ne peux même pas te laisser de commentaires, car tu as enlevé la fonction. Je ne te connais même pas, et ça me fait mal de te lire. De savoir que des commentaires d'un connard qui ne comprend rien et qui s'en fout de blesser les autres te fassent si mal.

Tu n'as pas à te sentir mal ou de trop. On ne te lit pas et on ne laisse pas des commentaires par pitié ou juste parce que tu fais partie du cercle des TCAiens. On t'écrit, on te lit, parce que, comme nous, tu souffres et on veut aider. On veut te faire sentir que tu n'es pas inutile. Que toi aussi tu vaux quelque chose. Que des commentaires insignifiants comme il y en a eu sur ton blog, ça veut rien dire.

Ne baisse jamais les bras, ton combat n'est pas fini et tu mérites plus que de disparaître comme ça, de t'enlever le droit d'écrire ce que tu ressens et ce que tu es. N'aie jamais honte de ce que tu es.

C'est pas parce qu'on souffre de TCA que tout est désormais étiqueté à ça et que tu as le droit de recevoir des insultes. T'es une personne avant tout, pas une maladie, et tu riras bien lorsque tu te seras sortie de tout ça.

Courage Miss,
continue de poster
et laisse faire ceux qui n'ont rien à faire de leurs
journées sauf laisser des coms ridicules et enfantins sur des blogs.

Gros bisous à toi et bon courage !!



________________________________________
Réédition quelques minutes après...
Ah tu vois Miss... maintenant c'est toi qui me fait monter les larmes aux yeux :)
Ça doit tellement être difficile de vivre dans un environnement où a l'impression que tout le monde se fout de nous... Mais cela ne veut pas dire que tout le monde se fout de toi, ni que tu ne vaux rien. Tes TCA, ce n'est qu'un appel à l'aide, un cri de détresse...
As-tu déjà affirmé tout haut ce que tu ressens réellement, aux gens concernés ?
Il est vrai que dans certains cas, c'est impossible de criser sa rage intérieure à la personne physiquement, mais quand tu le peux... tu as le droit de te fâcher et de pleurer. C'est pas une faiblesse, ni un manque de respect envers l'autre.

Tu ne peux pas changer ton univers autour de toi, mais TOI, tu peux changer. C'est ce que ma psy me disait toujours. Pourquoi endurer une situation qui nous fait mal lorsqu'on peut tout simplement changer notre perception ou comment nous agissons pour mieux nous sentir ? Et le poids n'a rien à faire avec le bonheur, on le sait toutes. Alors cessons de psychoter sur la bouffe ou le poids, notre mal de vivre sera toujours présent, que l'on soit maigre ou grosse. Ce qui peut faire une différence, c'est nous à l'intérieur, la vraie nous que l'on empêche de s'exprimer et de sortir...

J'espère que ça ira mieux pour toi et que tu retrouveras bientôt le sourire en passant sur nos blogs. Je pense fort à toi, toi, parfaite inconnue et sache que tes commentaires à toi aussi sont touchants et valent la peine d'être lus.
Bisous xx


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05-07-2006, 01:20:02 RubbaDucky

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29-06-2006 - Calor-obsession

Jeudi 29 juin 2006

I'm smiling :)
Bah ouais, on peut pas toujours pleurer.

Je tente de prendre du recul face à mes angoisses. 
Et surtout : contre quoi je me bats au juste ?

J'ai l'impression de me garder les deux pieds fermes dans les TCA parce que c'est MA maladie. Ça me donne une raison de soupirer, de pleurer, d'expliquer tout ce qui va mal dans ma vie.
Je ne suis plus malade dans le fond. Si je crise, c'est parce que je le veux bien, je la planifie, je vais même acheter ce qui me tente et je mets de côté ma faim complètement pour me gaver encore et encore... jusqu'à ce que je m'écoeure, me trouve dégueulasse et grosse.

Mais en dehors de cette crise quotidienne, aucun de ces sentiments, ni même un dégoût véritable pour mon corps ne se fait sentir.
Je me regarde, je me trouve jolie, je me trouve bien dans mes vêtements.
Je ne suis pas mal à l'aise de sortir.
Je pense plus ou moins à mon foutu poids, que celui-ci me plaise ou non.
En fait, mon poids présent me plait vraiment, même si la tentation de descendre plus bas est là...
Oui, c'est important que je me pèse le matin (116 ce matin), mais que puis-je faire s'il ne me plait pas ? Attendre, patienter et perdre tranquillement. Même en jeûnant toute la journée, je ne perdrais pas plus et je risquerais de criser même. Et quand on y pense, c'est si peu et si facilement reperdu lorsque c'est fait correctement...
Je ne veux pas maigrir, ni grossir, je veux juste maintenir. Mais un écart de 2-3 lbs, cela s'appelle également un maintien... Je dois me rentrer cela dans la tête. Mon poids ne sera jamais un chiffre stable, fixe, sans variation. Comme mon chum me disait, je dois me donner une marge à respecter.

Je suis encore déprimée, souvent, mais est-ce parce que je suis angoissée à propos de la nourriture ou par mon poids ?
Non. Vraiment pas.

Je pleure parce que je me sens perdue, que je ne sais pas quoi faire avec ma vie, que j'ai le sentiment que tout me file entre les mains. Une des racines de mes TCA, mais qui peut être aussi bien dissociée maintenant. Je suis une personne avant tout et je peux éprouver de la tristesse, de la colère, etc. sans me jeter sur la bouffe pour étouffer ces émotions négatives.

Je compte mes calories.
Mais est-ce que je m'en veux d'avoir mangé 200 calories de plus que ce que je m'étais permise ? Non. Je m'en fous, tant pis, je me reprendrai demain.
Je ne m'inquiète jamais en bas de 2000 calories.
Si je franchis cette limite psychologique, je commence à stresser et avoir peur d'un résultat désastreux sur la balance. Mais je ne m'en voudrai pas toute la journée, que puis-je faire ? C'est fait, c'est avalé, ça a été apprécié. Alors voilà, y a plus rien à faire sauf attendre au lendemain.

Je psychote quand je vais manger chez belle-maman. Oui... mais est-ce que je refuse de manger totalement ? Jamais. Avant, je l'aurais fait, ou j'aurais piqué une crise de nerfs à chaque fois que les mots "souper chez ma belle-mère" à chaque fois qu'ils auraient été prononcés.

Je m'entraine tous les jours. Sauf le dimanche :)
C'est peut-être un peu fou, mais c'est une habitude de vie que j'ai prise et que j'aime. Y a pas juste le nb de calories que je brûle qui m'intéresse. Je jase avec les gens, j'écoute de la musique, je m'évade de ce monde le temps de 40 minutes. Parce que ça fait du bien de décrocher et de se dépenser, j'ai toujours aimé l'activité physique.
Et si je saute une journée ? Bah je me sens un peu mal, paresseuse surtout, mais si je suis vraiment crevée, j'en profite en me reposant à la maison et en me disant que mon corps va tout simplement apprécié ce moment de repos que je lui donne.

Je ne suis pas une brebis, que ma soeur m'a dit.
J'aime bien l'image.
Un pauvre animal sans défense, enfermé dans un patûrage rempli de nourriture. Hum... c'est moi ça.
Sauf que je suis également le fermier qui l'a enfermé là avec la nourriture. Je me retiens prisonnière moi-même.
Je suis ma propre censure, mon propre bourreau.

Pourquoi ?
J'ai pas vraiment encore trouvé le pourquoi :S
Bon, y a le manque de confiance, le désir d'être parfaite, de tout réussir, donc de me punir à la moindre erreur...
Je suis une dualité.
L'élève et le maître.
Le bien et le mal.
La raison et la passion.

J'ai besoin de faire le point sur ce que je suis maintenant, pour me rendre compte où j'en suis rendue.
Et je suis rendue à la dernière marche.
L'étage est presque franchie, mais j'hésite encore de passer au second niveau. Parce que j'ai peur évidemment.
Parce que je suis bien en quelque sorte dans ce comportement qui me colle à la peau depuis 7 ans. C'est une partie de moi qui va disparaître si je décide de mettre une croix sur ces 7 dernières années. Et je ne veux pas effacer, je ne suis pas prête à oublier, à tout laisser. J'ai un certain confort dans cette maladie, un attachement, une sécurité.

Je veux me souvenir, je veux continuer de souffrir encore un peu ?
Peut-être pas, ça ressemble un peu à ça, mais c'est pas aussi simple. 
Différente des autres toujours.
Mon petit bobo à moi.
Ma faiblesse.
Ce qui fait de moi quelqu'un d'humain.
Je me sens plus "normale" en souffrant de quelque chose...

Alors si je regarde tout ce que je suis maintenant, comparé à avant...
Je me bats contre rien.
Contre de vieux souvenirs, de vieilles habitudes, mais qui, si je le voulais vraiment, disparaitraient.
Je suis satisfaite de ma vie, je m'apprécie et prend beaucoup plus le temps de m'écouter. Je cherche encore quelque de plus gros, mais est-ce que cette chose me rendrait vraiment plus heureuse ?

Pourquoi est-ce que je me plains toujours ?
J'ai un chum fantastique pour moi, une soeur qui est ma meilleure amie et à qui je peux tout confier, des parents toujours prêts à aider, un job que j'aime (même si je déteste mon patron), un bon salaire, un appart, une voiture, de l'argent mis de côté, des talents utiles, une apparence physique agréable à regarder, des amis avec qui j'aime bien déconner, des loisirs valorisants...

Ai-je vraiment besoin de me plaindre de quelque chose ?
Qu'a-t-on besoin dans la vie pour être heureux ?
De l'amitié, de l'amour, du support, de la valorisation...

J'ai le kit complet en main et je trouve le moyen de dire que ma vie est horrible quelques fois.
Gomen nasai pour tout ceux qui m'écoutent me plaindre...

Je serai toujours une TCAienne, par mon caractère, mes comportements, mes réactions... C'est en moi, mais je réussis maintenant à gérer tout ça pour pouvoir avoir une vie "normale", voir des gens, sortir, aller au resto...

Jamais plus je ne serai une victime.
Ma victime.


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29-06-2006, 21:26:50 RubbaDucky

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26-06-2006 - Calor-obsession

Lundi 26 juin 2006

White flag
Je résigne.

Samedi, nous avons passé la journée à Montréal. Il faisait beau, il faisait chaud, c'était vraiment cool. Les rues bondées de monde, c'est la fin de semaine de la Fête Nationale, du Grand Prix et de plein d'autres événements. J'avais pas prévu ma journée comme ça, mais c'était vraiment bien. Une suggestion de Monsieur, grandement appréciée. Merci pour la belle journée !! :)

Nous sommes allés diner au Wok Café. On a pris un Général Tao à deux, c'était vraiment bon, je commence à apprécier la nourriture asiatique. Bien sûr, j'ai une large préférence pour le riz et les légumes vapeurs, mais j'apprivoise tranquillement le mélange des goûts sucrés et épicés de cette nourriture. Puis, nous sommes allés se promener sur Ste-Catherine, pour ensuite monter jusqu'au Mont-Royal, puis redescendre au Plateau et revenir sur Ste-Cath, pour aller au cinéma en attendant d'aller sur une terrasse avec des amis.

Une fois sortis du film, nous sommes allés à la Place des Arts tuer le temps. J'appelle mon amie, son chum n'est pas encore revenu de travailler, elle pense qu'il va terminer vers 21h. On attend, on regarde les gens passer, on déconne. On est surtout fatigués, on a pas beaucoup dormi, on est tannés d'attendre. On se met en route vers l'auto. Une autre demi-heure de marche... On a les pieds en feu, j'ai pas mis de bas, j'ai les talons rouges. Finalement, mon amie appelle vers 21h, pour me dire qu'ils seront là dans 1h. Nous sommes crevés et changeons d'idées, on retourne à la maison, il est déjà tard et on ne veut plus être dans un bain de foule.

Bilan de la journée :
Beaucoup de marche
1500 calories
Un autre désastre évité.

Dimanche, je me lève en crise.
Ça commence bien.
Déjà 4 brownies d'avaler et il est même pas 14h.
La balance m'indique 113.
Il fait toujours aussi beau et chaud dehors, alors direction piscine chez mes parents et BBQ pour souper. Encore du bronzage :)

J
e ne veux pas mettre tout ce que j'ai mangé dans la journée, ça fait peur et ça me dégoûte. Mais j'ai passé une adorable journée avec ma famille et mon chum.

Bilan de la journée :
Pas vraiment d'activité physique, sauf un peu de marche
Plus de 6000 calories
Désastre total, estomac rempli toute la journée... et toute la nuit.


Balance ce lundi matin : 116. 
Et ce soir, souper chez belle-maman. Pâté au saumon. J'ai peur. Je désigne alors cette autre journée "journée de crise". Ça valait la peine de me planifier 2 jours-sans-crise pour m'en taper 2-avec-crise par la suite...
Tant pis, je me rattraperai cette semaine.
Pas envie de lutter.
Envie de manger.

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26-06-2006, 20:43:53 RubbaDucky

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07-06-2006 - Calor-obsession

Relations amoureuses et TCA

L'Amour
Quelque chose de si merveilleux, mais que les TCA peuvent détruire en un claquement de doigts.

Je ressasse de vieux souvenirs.
Parce que je n'ai rien de nouveau à raconter. Je veux reprendre du plus loin que je me souviens mes histoires de coeur et voir comment les TCA ont été impliquées dans ces relations.

Premier amour à 9 ans. Il y a un garçon dans ma classe nommé Simon V. Je ne suis pas spécialement amoureuse folle de lui, mais j'ai tout de même des petits papillons lorsque je suis avec lui. C'est mon meilleur ami garçon et je suis bien avec lui. Il vient souvent jouer à la maison, on s'entend super bien. Fils de militaire, il est parfaitement bilingue. Il a les cheveux noirs, un petit sourire adorable... c'est ce que je me souviens le plus. On a été inséparable jusqu'au jour où un gros de ma classe, mal dans sa peau et toujours propice à dégrader tout le monde pour se remonter lui-même, s'est mis à lui raconter plein de trucs sur moi. Des trucs vraiment pas gentils, du genre que je me masturbe dans la classe, que je suis une lesbienne, que je suis rien qu'une têteuse de prof... Il a fini par avoir raison de Simon et celui-ci s'est mis à me niaiser aussi. J'étais trahie, première déception face à un garçon. Je n'ai pas eu de peine d'amour, car j'étais trop jeune et pas assez entichée de lui, mais ça m'a tout de même fait mal. À l'époque, je n'avais pas encore de TCA.

Puis, deuxième amour à 12 ans. Cette fois-ci, je suis en compétition avec deux de mes amies qui se chamaillent pour avoir l'attention du garçon en question. Je suis vraiment amoureuse cette fois, fantasmant sur notre premier baiser, essayant par tous les moyens d'être avec lui, mais trop gênée pour lui avouer mes sentiments. Ce que j'espère, et qui s'avère vrai, c'est que lui aussi ressent quelque chose pour moi. Or, lui aussi est trop gêné et ne me dis rien. Finalement, après un été ensemble, il déménage et je n'entends plus parler de lui. Première apparition des TCA l'année suivante. Je souffre d'émétophobie, je maigris beaucoup, je me sens seule. Une fois que je vais mieux, je décide de couper mes cheveux courts comme un garçon.

Il faut que je m'explique ici. J'ai toujours eu une drôle de relation avec les garçons. Durant mon enfance, je me tenais plus souvent avec des garçons que des filles. J'aimais les jouets de garçon autant que ceux de filles. Puis, à 12 ans, suite à ma déception amoureuse, je change de perception. Je veux devenir un garçon, je les admire, je veux être comme eux, à défaut d'être avec eux. Je sens que je ne suis pas aussi bien acceptée qu'avant par eux et je crois qu'en leur ressemblant, j'ai plus de chances de retrouver ce lien. Je serai donc 2 ans comme un des leurs, T-Shirt trop grand, bermudas longs, casquette... mais je ne suis pas plus acceptée, car à la base, je suis une fille et je ne réussis pas à tout masquer de ma féminité.

Puis, l'amour de mes 12 ans revient dans les parages vers mes 14 ans. Il reprend contact et cette fois-ci, nous nous avouons nos sentiments. Mon premier chum, à 14 ans. Je change peu de temps après mon style vestimentaire et ma coiffure, optant pour une allure beaucoup plus adéquate, une allure de fille. Un an après le début de la relation, je tombe dans l'anorexie. Je ne sais pas comment expliquer... Est-ce que l'anorexie a un lien avec ma relation amoureuse ? Ou est-elle complètement indépendante ? Je ne saurais dire, mais j'espère que tout ça n'a aucun lien. Le stress d'être dans une relation, de séduire, d'accepter sa féminité, la compétition, le fait de dépendre de quelqu'un... tout ça pourrait être des facteurs qui auraient pu déclencher la maladie.

Quoi qu'il en soit, cette relation a duré 3 ans. Il a passé 2 ans de sa vie à essayer de comprendre, de m'aider, de m'épauler dans la maladie, mais c'était trop gros pour un jeune de son âge. Il se sentait coupable. Je ne lui en veux pas, même si à l'époque oui. Je vois maintenant à quel point c'est une maladie difficile autant pour la personne malade que pour les proches de cette personne. Devoir se battre pour que la malade accepte de manger, la voir se faire si mal, être impuissant devant tout ça, ça ne doit pas être facile. Je n'étais pas pour lui, je refusais tout contact physique, j'étais devenue une loque humaine, c'était invivable. Je n'ai pas eu une grosse peine d'amour. Ça m'a surprise, j'aurais cru être dévastée après une première si longue relation, mais non. J'ai pleuré, oui, mais Ana a vite pris le relais. Pas question de me laisser seule 2 minutes, elle allait s'occuper de moi.

J'ai eu un deuxième chum peu après la rupture. Avec un gars que je connaissais à peine, que je trouvais tout simplement drôle. Il parlait peu et ne semblait pas faire état de ma maigreur. Je me sentais bien avec lui, mais je ne supportais pas qu'il me touche. Je ne mangeais jamais chez lui et partais tôt de chez lui pour pouvoir aller prendre ma collation à la maison. Je n'étais pas très attachée à lui, le connaissant à peine. J'étais sa première blonde à lui aussi, il était un vrai pot de colle. Mais je me suis vite sentie mal dans cette relation. Tout allait trop vite, je ne voulais pas sacrifier mes longues promenades en vélo, mes petites habitudes d'anorexique pour lui. J'ai rompu, 6 mois après le début de la relation. Je commençais le cégep, je commençais à travailler au McDo et je donnais des cours de danse. Je n'avais pas de temps pour lui et je voulais prendre du temps pour moi, pour faire le point et essayer de guérir. Il l'a mal pris. Il n'avait jamais rien compris à mon anorexie et était lui-même un grand dépressif... bref, rien pour m'aider. Je passais mon temps à lui remonter le moral alors que le mien était lui-même au plus bas. Je n'ai pratiquement pleuré... :S

J'ai passé par la suite 2 ans en célibataire endurcie. Je ne sortais pas, je ne rencontrais pas personne, toute sexualité me répugnait. J'ai eu plusieurs petits kicks, mais ça n'aboutissait jamais. Parce que je faisais peur, avec mon petit 75 lbs mouillé. Tout le monde avait peur de me casser, j'étais fragile en apparence. Puis en me sortant de l'anorexie, j'ai retrouvé le goût d'être en couple. Des sentiments enfouis depuis longtemps refirent surface, ma libido se remit à fonctionner normalement et j'étais maintenant en chasse. 

Un garçon se montra dans les parages suite à une sortie entre amies. Je le connaissais depuis le secondaire et je l'avais toujours trouvé fatiguant et stressant, mais il avait grandi, paraissait bien et me plaisait. J'ai jasé un peu avec lui sur MSN, espérant que la relation aille plus loin. Puis, j'appris que son ex vivait encore avec lui... J'ai eu un doute, mais il me rassura que c'était fini, que ça ne dérangeait pas, il était tout simplement resté ami avec elle. Je fis ma naîve et alla passer une soirée chez lui pour écouter des films. Son ex était là, le sourire un peu forcé. Elle nous souhaita une bonne soirée et alla se coucher... dans la pièce juste à côté. Je me sentais vraiment mal. Mais pas mon prétendant. On écouta des films, ça dégénéra, mais je tenais à mes principes. Voyons, je ne pouvais quand même avoir une relation avec lui alors que son ex dormait à moins de 5 mètres de nous ! Cela mit fin à toute chance de me retrouver avec lui. Il ne me parlait que pour me demander de coucher avec moi. Une femme-objet, voilà ce que j'étais maintenant, avec mon corps et ses courbes. Je commençai mes crises d'hyperphagie.

Puis, un de mes amis me fit marcher pendant longtemps, semblant très intéressé par moi, même s'il avait déjà une blonde. Cette aventure m'a fait mal. Je croyais qu'il laisserait tout tomber pour moi, je vivais un amour à sens unique, car lui, tout ce qui l'intéressait, c'était avoir une relation sexuelle avec moi. J'ai failli laisser tout tomber les efforts que j'avais fait pour me sortir de l'anorexie. En reprenant des formes et un corps normal, je redevenais un objet pour les hommes et je me sentais sale. Mais je ne voulais pas baisser les bras après une si longue lutte. Je n'allais pas me laisser détruire par un minable qui ne jouait pas correct avec sa blonde et moi. À la place de retomber dans l'anorexie, je plongeai encore plus profond dans l'hyperphagie, dégoûtée d'être mince et jolie. Je ne voulais plus séduire, c'était un jeu trop dangereux et plus personne de nos jours n'avait d'honneur ou de principes.

Heureusement, 2 mois après, je recontrai mon Monsieur. Un garçon aussi compréhensif, attentif et rempli de belles valeurs, je n'en revenais pas, surtout après les deux connards que je venais de rencontrer. Jamais je ne me suis sentie sale, laide ou objet avec lui. J'avais entièrement confiance en lui. Il m'acceptait comme j'étais, je me sentais tellement légère et soulagée. Les crises continuaient malgré tout, même si j'essayais de les espacer ou de les retenir lorsque j'étais avec lui. J'ai pris 30 lbs pendant que jétais avec lui. Et honnête, il m'avoue aujourd'hui qu'il me trouvait un peu ronde à l'époque, mais que malgré tout, il me trouvait gentille et sympathique et il me laissait ma chance. Et même si je prenais du poids, il n'en a jamais glissé un mot, me disant toujours que j'étais jolie et que lui, il m'aimait.

Jamais je ne le remercierai assez pour m'avoir laissé une chance et surtout, m'avoir ouvert la porte vers la vraie guérison. Pour lui, j'ai décidé de tout laisser tomber les TCA et de tenter de retrouver le plus possible une vie normale. Je ne pouvais pas me permettre de gâcher une relation aussi enrichissante et vraie juste à cause la nourriture. J'avais assez gâché de choses autour de moi, je ne voulais plus faire ça.

Et me voici donc, 2 ans et 3 mois plus tard, avec un poids équilibré, une alimentation plus "normale" et un grand soulagement dans le coeur...


******************
Merci beaucoup beaucoup de m'endurer,
de me supporter et de m'accompagner
dans chaque sphère de ma vie.




Je ne veux jamais te faire mal,
je veux être avec toi pour toujours
parce que c'est seulement avec toi
que je me sens en paix.

Je t'aime fort xxx

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07-06-2006, 20:55:22 RubbaDucky

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06-06-2006 - Calor-obsession

Incompréhension des TCA

Article très intéressant
Tiré du blog de TCAecatera.
Merci beaucoup pour cet article, je me reconnais tellement à travers chacun de ces points... :|


Parce que nous sommes considérées comme de petites filles modèles, des personnes parfaites, nous devons trouver une façon d'exprimer ce qui se passe à l'intérieur. Voici donc un petit article sur la douance et les TCA... Peut-être les gens "normaux" comprendront-ils un peu plus pourquoi je suis ainsi et pourquoi je réagis ainsi avec la nourriture et mon poids. J'ai ajouté certains commentaires en rose italique.


Douance et troubles alimentaires
Anorexie et boulimie, tendance à l'intellectualisation, perfectionnisme, incapacité de reconnaître ses émotions, refus de grandir... Clichés typiques, largement répandus dans le domaine médical, cette vision classique des troubles du comportement alimentaire (TCA) détermine à l'heure actuelle l'orientation du suivi thérapeutique des jeunes filles qui en souffrent...

Malgré le taux d'échec important des traitements psychologiques existants, les médecins et psychologues semblent persister dans la voie prise depuis de nombreuses années sans penser à envisager la question sous un autre angle... Et si certaines jeunes filles douées « utilisaient » les troubles alimentaires pour répondre à leurs besoins non reconnus (sécurité, reconnaissance, passion, perfection, limites, frustration...) ? Et si elles s'étaient tout simplement fait piéger sur le chemin de leur quête d'identité par ces maladies complexes qui les éloignent un peu plus de leur être véritable ?

1° Affamée de reconnaissance
D'une adolescente anorexique ou boulimique, on dira qu'elle refuse son corps, qu'elle n'accepte pas les changements liés à la puberté, qu'elle a un problème affectif... Elle est en conflit, elle ne s'aime pas ; normal, c'est la crise d'adolescence ! On lui renvoie d'elle une image qui ne lui correspond pas, on l'enferme dans les stéréotypes d'une maladie que même les médecins ont encore du mal à comprendre aujourd'hui... Troubles alimentaires : le désespoir a un nom, il est justifié, il pourra être soigné... Mais on passe à côté de l'essentiel : derrière le symptôme, il y a cette jeune fille affamée de reconnaissance, passionnée, débordante de vie, mais ne sachant comment vivre.
J'ai toujours recherché de la reconnaissance autre que pour mes bons résultats scolaires et mes différents talents. Attention, je ne me vante pas, je dis seulement ce que je pense. Je veux vivre plein d'expériences, mais j'ai peur de me tromper, et ainsi, je m'empêche de faire quoi que ce soit. Je veux profiter au maximum de la vie, mais je ne sais pas pour où commencer...

2° Se construire une armure
Lorsque les troubles alimentaires surviennent, le corps devient une armure, un rempart, une protection vitale pour tenir à l'écart de l'esprit le monde extérieur. A l'adolescence, l'équilibre précaire dans lequel l'enfant doué non reconnu avait pu évoluer jusque là vient souvent à se rompre : l'image qu'on lui renvoie d'elle ne lui convient plus... Entre banalité et conformisme, les malentendus deviennent trop douloureux. Désarmée et vulnérable, trop consciente de toutes les étapes à franchir pour atteindre l'âge adulte, la jeune fille se sent exposée à des dangers qu'elle ne peut maîtriser.

Son corps-muraille... Elle grossit pour renforcer sa carapace, pour se donner un peu d'épaisseur, de consistance... Elle maigrit pour atteindre l'essence de sa personnalité, pour toucher du bout des doigts cette perfection et cet absolu qui lui sont chers... Anorexique ou boulimique, l'adolescente cherche désespérément qui elle est. Son corps-identité... Différentes des autres, elle se gave ou elle se prive. Son symptôme justifie ses particularités.

Avec mon corps maigre, j'ai choqué les gens, je suis sortie du peloton, j'étais différente, on me remarquait pour autre chose que mes talents et mes aptitudes. Je cherche toujours à avoir plus, à aller plus loin, tout à coup que je trouverais la vraie moi... Mais la vraie moi ne se trouve pas grâce au poids malheureusement...

3° L'intolérable frustration
Classiquement, les crises de boulimie sont considérées comme un moyen de remplir un vide affectif, de lutter contre l'ennui et le désoeuvrement, de gérer une trop grande frustration... Comme s'il ne s'agissait que d'un caprice de petite fille gâtée !!!
J'ai moi-même cette perception de petite fille gâtée. J'ai souvent l'impression que je me plains pour rien, que je ne fais que chialer et me plaindre, que je suis une éternelle insatisfaite qui grogne contre tout. Or, c'est vraiment le contraire, je suis tellement contente d'être en vie, je ne regrette rien et je ne blâme rien... sauf tout ceux qui ne semblent pas se rendre compte de la chance qu'ils ont d'être normaux.

Comme le dit Jeanne Siaud-Fachin, « l'intolérance à la frustration correspond toujours à une fragilité émotionnelle. Ne pas pouvoir tolérer qu'un plaisir, qu'une satisfaction soit différé correspond à une impossibilité à gérer le doute et l'incertitude. » Or, chez la jeune fille boulimique, il semblerait que toutes les situations quotidiennes se transforment en épreuves insurmontables. A chaque instant, la distance entre un désir et sa satisfaction la plonge dans un abîme d'angoisse...
Je déteste voir mes désirs ne pas se réaliser, car j'ai toujours été habituée de tout réussir, tout avoir... Cela crée de la panique, comme si j'étais moins bonne maintenant, incapable de réaliser certaines de mes envies.
Entre l'envie de réaliser quelque chose et la concrétisation de ses projets, il y a un espace-temps durant lequel la pensée va se mettre en marche pour attendre... Or, chez les enfants doués, penser est un processus complexe et sans limite. L'incertitude devient dès lors trop inquiétante et pour s'en protéger et maintenir son équilibre, il faut que les choses se passent immédiatement.
De là, la raison de me jeter sur la nourriture à la moindre petite déception.

La frustration apparaît donc ici comme une peur intense de penser. En venant court-circuiter la réflexion, les crises de boulimie agissent comme un « interrupteur de pensée » : en se gavant, la jeune fille boulimique « oublie » provisoirement ses projets, ses désirs et surtout, tous les obstacles qui pourraient se mettre sur la route de leur réalisation et qu'elle ne manque pas d'évoquer. Il n'y a plus que l'acte alimentaire (ou le refus de se nourrir, dans le cas de l'anorexie) qui compte.

En effet, lors d'une crise, je ne pense qu'à manger, toutes mes pensées sont tournées vers ce désir primaire, cette pulsion.

4° Une petite fille perdue dans un corps de femme
Le refus de grandir, de devenir adulte et d'accéder à la sexualité est fréquemment invoqué pour justifier l'apparition des troubles alimentaires. Or, si la perte ou la prise de poids induisent bel et bien un aspect corporel androgyne, pourquoi considérer d'emblée que celui-ci est recherché pour fuir à tout prix ses responsabilités d'adulte et sa féminité ?
Dans mon cas, plus une peur de prendre ses responsabilités d'adulte.

De nombreuses études ont démontré que les adolescentes anorexiques ou boulimiques avaient généralement été des enfants responsable et matures, ne reculant devant aucun devoir et toujours prêtes à rendre service. Tout se passe comme si, à un moment, elles avaient cessé de croire en leur capacité d'affronter les situations de la vie de tous les jours, comme si elles avaient essayé d'être grandes, mais estimaient ne pas avoir réussi, comme si elles rêvaient de vivre pleinement leur rôle de femme, mais qu'elles craignaient d'y échouer.
Toujours eu peur de ne rien réussir dans ma vie d'adulte, depuis que je suis toute petite. Peur de se retrouver sans emploi, sans voiture, sans personne, sans argent... comme si j'étais incompétente et incapable de réussir ma vie.

Connaissant les caractéristiques de la douance (hypersensibilité, empathie, lucidité...) et les difficultés qui peuvent en découler (manque de compréhension, sentiment de non-appartenance au groupe des pairs, isolement...), on peut s'interroger sur l'influence de ces facteurs dans l'apparition des TCA. Avant de devenir anorexique ou boulimique, l'adolescente est généralement passée par une période durant laquelle elle se trouvait tiraillée entre son besoin d'autonomie et son incapacité à s'éloigner du cocon familial lié au manque d'identification possible aux autres jeunes de son âge. Durant cette période où elle aurait dû vivre différentes expériences plus ou moins fructueuses et les confronter à celles de ses pairs, cette jeune fille se sera sentie étrangère aux préoccupations des ses camarades, éloignée de leurs centres d'intérêt et de leurs façons de vivre le quotidien. Dès lors, il lui est quasi impossible de s'identifier à eux et de construire ainsi son identité propre. Aux yeux du monde extérieur, sa difficulté à assumer le passage à l'âge adulte passera pour un manque de maturité... Qui pensera à relier cette crainte à son extrême lucidité, à ses interrogations sans fin et à son perfectionnisme ?
Je ne me suis jamais sentie comme les autres jeunes de mon âge, et cela, dès la maternelle. Je me sentais de trop, à part, car j'avais des valeurs, des idéaux, des intérêts très différents et surtout, plus matures.

5° Echapper aux réponses toutes faites
A l'abri dans leur armure de graisse ou derrière leur apparence d'extrême fragilité, les jeunes filles douées souffrant de troubles alimentaires continuent à rechercher désespérément la reconnaissance et la compréhension de leur entourage. La plupart du temps, elles ne trouvent malheureusement que quelques solutions toutes faites en guise de réponse. Elles finissent bien souvent par se perdre sous l'afflux des symptômes et des hypothèses qu'on leur offre pour justifier leur malaise. Seul un dialogue attentif avec une personne sensibilisée à la douance et capable de pressentir en elles la force des passions qui les animent pourra les aider à déployer leurs ailes et à atteindre l'épanouissement
.
Je crois que le fait d'être douée met un gros stress sur nos épaules. Si on échoue, c'est tout notre monde qui s'écroule. Et comme nous passons notre temps à réfléchir, on se perd dans nos raisonnements, notre logique et tout à coup, tout perd son sens et nous nous mettons à avoir un comportement irrationnel pour tenter de retrouver un certain équilibre. La peur de tout se met de la partie, nous ne savons plus comment vivre et qui nous sommes vraiment. Les petites machines parfaites que nous sommes ont perdu l'essentiel : la confiance en soi et l'épanouissement personnel.

Des fois, je préférerais être bête et conne. Au moins, je me casserais moins la tête...

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06-06-2006, 19:50:28 RubbaDucky

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31-05-2006 - Calor-obsession

Mon histoire

Enfin mon histoire.
Installez-vous confortablement, parce que c'est looooong, mais je vais tenter de ne pas me perdre en bla bla et de dire les grandes lignes :)


12 ans
Première rencontre avec les TCA, à mon insu. Je suis émétophobe durant l'été de mes 12 ans, toujours prise par la peur de vomir ou de trop manger et d'être malade. J'ai la nausée, un mal de tête lancinant, la peau qui colle trop pendant 3 mois. Je passe de 105 lbs à 80 lbs en peu de temps, incapable de m'alimenter convenablement. Je n'ai pas peur de grossir, mais j'ai perdu tout appétit et je limite ce que je mange pour pouvoir faim au prochain repas. À la rentrée scolaire, tout le monde s'inquiète, 
je suis maigre. On demande à ma mère si je suis anorexique. Dans ma tête à cette période, les anorexiques n'étaient que des filles qui se privent de manger pour devenir maigre. Ce sont des filles capricieuses, obsédées par leur petit nombril et superficielles. Je recommencerai à manger aussi soudainement que j'ai arrêté et je reprendrai tout le poids perdu.


15 ans
Je pèse 120 lbs, je suis jolie, j'ai un chum. Tout va bien, j'ai retrouvé ma féminité, j'aime mes formes. Je fais beaucoup de sports (soccer, danse, athlétisme, flag-football), je suis impliquée dans plein d'activités. Puis un jour, j'ai peur de devenir enceinte. Au lieu de faire des tests ou d'en parler avec mes parents, je garde tout pour moi et je me rends malade. Je mets un plan infaillible au point : manger moins et ainsi priver le "bébé", et faire plein de sports, pour perdre le "bébé". C'était con et dangereux comme plan, mais dans ma tête, c'était la seule solution qui se présentait à moi. Je réduis donc de beaucoup ce que je mange et m'implique à fond dans tous les sports que je pratique. Je me mets à être toujours en mouvement, je ne m'asseois plus 2 minutes. Je perds rapidement du poids dès les premiers mois. En 1 mois, je perds 15 lbs. Tout le monde me félicite, je suis encore plus jolie, j'ai un beau corps. Mon chum regarde quand même les autres filles... ça me met en colère. Je deviens obsédée par mon corps, la nourriture. Je prends conscience des calories. Je me donne des coups dans le ventre plusieurs fois par jour pour écraser la "bosse" qui m'agace. Je n'ai plus mes menstruations. Je m'inquiète encore plus d'être enceinte, même si j'ai perdu du poids. Je perds le contrôle, Ana me tend la main.

Durant tout l'été, je survivrai en mangeant très peu, en faisant plus de 4h de sport par jour. Ce rythme infernal me rattrape assez vite, mon corps n'en peux plus. Je ne comprends pas pourquoi j'ai moins d'énergie lorsque je joue au soccer, mes capacités sont à zéro. Je lutte contre le vent en vélo, je n'ai plus de résistance et ça me frustre. Je vais en tournoi de soccer et je ne mange qu'un biscuit par jour, et encore, c'est trop à mon avis. Je ne comprends plus rien, je suis agressive, triste, je n'ai plus envie que mon chum me touche. Je déteste mon corps, je ne vois pas les os qui commencent à pointer, je ne pense qu'au "bébé" qui n'existe pas.

Je finis par craquer et en parler avec mes parents. Mais le mal est fait, Ana m'a pris sous sa tutelle et continue de me guider. Je ne peux me résoudre de manger plus, de cesser toutes mes activités. Je veux maigrir, c'est si facile. Je garde des enfants et je passe des heures à regarder les calories sur les emballages, à sautiller dans le salon, mon baladeur sur les oreilles. Je commence à mesurer mes cuisses, ma taille, ma poitrine. Je veux le corps parfait, comme les stars. Je veux que mon chum me remarque, me trouve belle, sexy. Je ne me rends pas compte que j'ai dépassé le stade de mince et que je suis maintenant maigre. Je ne me pèse pas, mais je flotte dans tous mes vêtements.

En septembre, je ne pèse que 80 lbs. Je suis maigre, squelettique, les jeunes me regardent d'un drôle d'air. Mes amis s'éloignent de moi, les profs s'inquiètent. Mes parents ne cessent de me dire de manger, je veux pas. Je les fais manger, leur prépare des plats riches et pique une crise s'ils refusent de manger. Je suis forte, je suis propre; vous êtes nuls et faibles. Finalement, ma prof de français me propose de voir un médecin à Ste-Justine. Je ne peux refuser, j'en ai marre de me trainer, de refaire tous les jours la même chose pour être sûre de brûler le même nombre de calories que la veille. Je me couche le soir, complètement crevée, avec la bonne pensée que demain, je recommence à manger, mais je ne fais jamais le grand saut. Je me réveille la nuit, en sueur, mon coeur n'en peux plus, j'ai un rythme de 40. J'en suis fière, ça veut dire que je suis vraiment malade, mal en point. Je regarde avec amour les creux sur mes bras, mes clavicules, je passe ma main sur mes côtes, sur mon tous mes os. Je ne veux pas quitter ce corps, je l'aime, j'ai travaillé tellement fort pour l'obtenir.

Diagnostic à l'hôpital : Anorexie nerveuse. Je déteste le médecin, Dr. Wilkins. Il me laisse 2 semaines pour reprendre du poids, sinon, c'est l'hospitalisation. Je l'emmerde, je ne veux écouter personne. Je continue de courir en cachette, de monter 20 fois les escaliers, de trouver des moyens pour moins manger. Je ne sais pas si je fais tout ça dans le but d'être hospitalisée, mais je vis comme dans un rêve, dans un nuage. Deux semaines plus tard, j'ai perdu 5 lbs, j'ai un IMC de 14. Direction 7e étage, aile des TCA.

J'y passe 2 mois et reprends 20 lbs. J'accepte mon corps, mais manger est toujours aussi compliqué. Je ne veux pas prendre plus, mais je comprends que je dois manger un minimum pour survivre. Je prends 10 lbs la semaine suivant ma sortie. Je panique. Je vais continuer de grossir indéfiniment, je ne veux pas. Je stoppe tous mes efforts et me remets à couper partout... je reperds tout ce que j'ai pris en moins de 3 mois.

16 ans à 20 ans
Je maintiendrai un poids plume de 78 lbs pendant tout ce temps. Je reprends mes cours de danse et compte méticuleusement mes calories pour ne pas prendre de poids. Je mange le strict nécessaire pour me maintenir et ainsi éviter l'hospitalisation. Je mange tous les jours la même chose ou presque et j'évite beaucoup de sorties pour pouvoir prendre ma collation chez nous. Mon chum me quitte après 1 an, incapable de vivre avec une fille pour qui tout tourne autour de la bouffe et qui refuse tout contact physique. Je me retrouve seule, mais je ne suis pas aussi triste que je l'aurais cru. J'ai pleuré bien sûr, c'était une relation de 3 ans, mais ça a été un soulagement. Je suis bien, je fais ce que je veux. Je ne veux qu'être moi et Ana. Ensemble, tout va bien.

J'entre au cégep et me trouve ma première job. Je travaille au McDo. Je regarde, effarée, les frites, le gras, le nb de calories contenus dans un Big Mac. Je trouve un côté positif : je saute des repas car je travaille souvent sur l'heure du souper ou du diner. Je suis seule au cégep, je mange seule dans mon coin mon diner congelé de 250 calories pas plus, avec ma tranche de pain réchauffée et mon Coke diet. Diner me prend 1 heure ou presque. Entre mes cours, j'erre dans les rues de Longueuil pendant des heures, à pied ou en roller. Je suis solitaire, je fais peur aux autres. Je me traine jusqu'au IGA et Pharmaprix à 2 minutes du cégep et passe des heures à regarder les produits... et quelques fois en voler. Je ne suis pas normale, je sais que les gens me dévisagent, que je fais peur avec mes joues creuses, mon profil de feuille de papier, mes bras décharnés. Mais je me sens bien, mes signes vitaux sont bons et je mange. Mais jamais plus de 1800 calories. Et le resto me fait paniquer.

Je finis par consulter une naturopathe après 2 ans d'anorexie. Je suis sur un plateau, je ne sais plus quoi faire de ma vie. Je rends la vie difficile à tout ceux qui m'aiment, je m'habille du côté des enfants et je passe des heures à penser à la nourriture. Les crises commencent à faire leur apparition aussi. Une fois par semaine, je fais une orgie de chocolat. Je mange jusqu'à ce que l'estomac m'explose. Mon corps n'est pas habitué à recevoir autant de nourriture en si peu de temps et se révolte. J'ai mal au coeur, l'estomac barbouillé pour 2 jours, je me sens encore plus coupable, car je me sens faible de criser comme ça. Je consulte pendant 3 ans et je découvre beaucoup de choses sur moi. Je travaille fort à changer mes perceptions, à prendre la vie et les obstacles différemment.

Puis un voyage de ski de fond avec le cégep me sert de déclic. Je ne veux pas passer 3 jours avec des gens que je ne connais pas et je ne veux pas être mise à part à cause de mon alimentation bizarre. Je décide d'être "normale" pour 3 jours. Je crise durant la nuit avant mon départ, très anxieuse. Comme je bouge beaucoup (8h de ski par jour), je me permets de manger ce que je veux, car je me dis que tout est dépensé par l'activité physique. Les crises nocturnes font leur apparition. Durant mon séjour à l'auberge, je me lève durant la nuit et vais grignoter des barres tendres, des restants de dessert... Je cache de la nourriture dans mon sac pour ne pas avoir à me lever et pouvoir manger tranquille dans la chambre, que je partage avec deux autres filles. J'ai peur de prendre du poids durant ce séjour, mais l'envie de me tenir avec les autres et de manger en groupe est plus fort. Je reviens fatiguée mais satisfaite de ce voyage. Personne n'a fait allusion à mon anorexie, je n'ai rien pris, mais les crises se feront de plus en plus présentes. Le soir de mon retour, je m'empiffre de muffins, de chocolat, tout ce qui peut me tomber sous la main. J'ai envie de guérir tout de suite, prendre du poids, être normale le plus vite possible. Je me mets à manger pour 4, jour et nuit, je mange sans arrêt. Je grossis vite. Les premiers kilos sont durs à accepter, mes jeans taille 24 ne me font plus et je panique. Mais je ne peux me priver comme avant. Je ne suis plus anorexique. Je suis hyperphage.


20 ans à 21 ans
Je suis passée d'une TCA à l'autre sans même m'en rendre compte. Au début, je croyais que je mangeais tout simplement beaucoup pour reprendre du poids, mais je me suis vite rendue compte que mon alimentation n'était pas plus normale que lorsque je ne mangeais rien. J'avais toujours besoin d'avoir quelque chose dans la bouche, j'attendais avec impatience les heures de repas, me trouvait n'importe quelle excuse pour aller au dépanneur et revenir avec un cornet de crème glacée ou des bonbons. Je ne pouvais plus résister à la bouffe. Je me levais 3-4 fois par nuit pour aller manger. Des fois, c'était simple, la bouffe était cachée dans ma chambre. D'autres fois, je devais affronter mes parents et me glisser à leur insu dans la cuisine. J'ai pris aussi la mauvaise habitude de mâcher et recracher la nourriture. Je ne savais comment résister aux crises, alors je machais/recrachais systématiquement tout ce que je voulais, et ainsi, je me sauvais des calories. Mais l'envie de me remplir l'estomac devenait juste de plus en plus violente, alors j'ai vite laissé tomber cette pratique. J'allais fouiller aussi des fois dans ma poubelle de chambre pour voir s'il restait quelque chose à grignoter lorsque j'étais vraiment désespérée. Je ne me suis jamais autant détesté qu'à cette période. Pas physiquement, mais je me dégoutais. J'étais devenue lâche, vache, gourmande, sans volonté. Je suis passée en 1 an de 75 lbs à 140 lbs. Je crisais tous les jours et ne me faisait jamais vomir ou ne compensait pas par le sport. J'ai essayé au début de brûler par le sport, mais mes apports caloriques étaient tout simplement trop hauts : 4000 et plus chaque jour.

Pas la peine de dire que je ne m'aimais pas. Je me voyais épaissir, je jeunais pratiquement toute la journée pour tenter de me rattraper et compenser les excès, mais chaque journée se terminait en crise. Je m'endormais dans la nourriture, le lit rempli de miettes de pain, de bagel, de biscuits, la bouche barbouillée de chocolat et les draps couverts de papier d'amballage. Je me levais le lendemain avec un mal de coeur, un mal de tête et un lourd sentiment de honte.

Lorsque j'ai rencontré mon chum actuel, j'étais en plein dans ma période de crises. Heureusement, il a su diminuer l'ardeur des crises, car je n'osais pas m'empiffrer devant lui. J'essayais de me raisonner, de ne pas me lever la nuit. J'ai réussi les premiers temps, mais aussitôt que je suis devenue plus à l'aise avec lui et qu'il était plus au courant de ma maladie, le cycle infernal a recommencé. Et hop, jusqu'à 170 lbs. J'en avais marre de toute cette merde. J'étais passée de maigre à grosse en 1 an. Je me trouvais laide sur les photos, je ne me reconnaissais plus.

En janvier 2005, je reconsultais ma naturopathe, les nerfs à vif, les larmes aux yeux et des dizaines de kilos de plus sur les hanches. Je me sentais mal, j'avais l'impression que tout ça n'aurait jamais de fin. Suite à une grosse grippe et 5 lbs de perdus (à cause de la grippe), j'ai décidé de me prendre en main. Stop aux crises et aux kilos qui n'arrêtent pas de s'additionner. J'allais reprendre une alimentation équilibrée, arrêter de me lever la nuit et m'entrainer très dur au gym. Je faisais 1 h de cardio par jour et me tenais à un régime de 1500 calories par jour environ. De temps en temps, je me payais une petite orgie alimentaire. Je résistais aux crises en n'achetant que le strict nécessaire et en me jetant sur des trucs hypocaloriques, donc moins dommageables. En 2 semaines, je perdis 5 lbs. Encouragée, j'étais encore plus motivée à suivre mes bonnes résolutions. Je pris rendez-vous aussi avec mon médecin, qui s'aperçut que j'avais un trouble avec la glande thyroïde, ce qui pouvait empêcher la perte de poids et causait de la rétention d'eau. Une fois que les médicaments firent effet, je perdis beaucoup plus rapidement.
En mars, je faisais 150 lbs. En juin, plus que 130 lbs. À la fin de l'été 2005, je faisais un joli 125 lbs et je me sentais tellement mieux dans ma peau. Je pouvais mettre un bikini, me promener en jupe courte sans avoir honte de mes jambes. Et le pire dans tout ça, c'est que je ne crisais plus, je mangeais ce qui me faisait envie, tant que ça ne dépassait pas 2000 calories par jour. Je continuais de m'entrainer pour garder la forme.

Je me sentais guérie pour vrai. J'ai même réussi à aller en vacances sans criser ou me prendre la tête avec la bouffe. J'étais très fière d'avoir bien perdu du poids, sans avoir retombé dans l'anorexie.


Maintenant
Je sais maintenant que je ne suis pas guérie, que je ne le serais jamais car je garde un contrôle sur la nourriture et mon poids, mais qu'est-ce que ça fait du bien d'être sortie de ce trou noir qui me gobait énergie et santé. Je me sens plus heureuse, plus zen, j'aime mon reflet dans le miroir, je prends soin de moi et aime m'habiller. Je continue mon entrainement quotidien, ça me calme beaucoup et permet d'évacuer les frustrations de la journée qui peuvent me faire criser. Je compte encore mes calories, c'est la seule chose qui contraint mon alimentation. Je crise un peu plus souvent qu'avant, mais mon poids ne subit jamais de grosses variations. J'ai des fois des downs, des périodes où ma relation avec la nourriture est beaucoup plus difficile, mais je garde la tête haute, parce que je sais que c'est temporaire et que je vais retrouver mon équilibre. Pas l'équilibre normal, mais MON équilibre, ce qui fait que je me sens en sécurité et que je me fais plaisir avec ce que je mange.

Je suis maintenant à 115. Il y a 2 mois, je voulais descendre à 110, voir même 105.


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31-05-2006, 17:53:18 RubbaDucky

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12-05-2006 - Calor-obsession

Le début de la faim

Tout a commencé l'été de mes 12 ans (y a pas un film qui se nomme comme ça aussi... ?)

J'avais eu une gastro le Noël passé, qui m'avait fait passer 2 jours au lit et m'avait donné un extrême dégoût envers les vomissements. C'était devenu ma hantise : vomir. Je ne voulais plus revivre cette soirée horrible où je me suis vidée l'estomac plus d'une fois.

Cet été fut chaud, humide, collant... Je passais mes journées au soleil, jouant au soccer le soir et faisant de l'athlétisme le jour. J'ai toujours bien aimé faire du sport. Je souffrais souvent de malaises : étourdissements, nausées, maux de tête...

Je me suis mise à avoir peur d'être malade. Que les nausées m'emmenent à vomir et cela, je ne le voulais pas. Je me suis mise à penser que c'était du à mon alimentation, tous ces malaises, que je mangeais trop et que je devais diminuer un peu pour ne plus me sentir mal.

Le déclin a commencé...
Je me suis mise à refuser tout chocolat, pourtant aliment sacré de mon alimentation, ma drogue !
Je mangeais de moins en moins, mais les nausées ne disparaissaient pas. J'avais l'impression que ma peau collait trop, que je n'avais pas assez d'espace pour mon corps... Ma tête semblait toujours prise dans un étau, j'étais au bout du rouleau. Je ne grignotais plus le soir avant d'aller au lit pour être capable d'avoir faim le lendemain matin.

La peur de vomir me faisait plonger doucement dans un genre d'anorexie. Je fondais à vue d'oeil, mais je ne me trouvais pas grosse. J'avais juste peur d'être malade. Je ne voulais pas maigrir, mais je ne me rendais pas compte de mon état de santé. Je voulais seulement que les nausées partent, me laissent en paix.

À la rentrée scolaire, j'affichais une perte de 10 kg. Les traits tirés, le regard perdu, je trainais mon corps déjà brisé à 12 ans. J'avais mis un pied dans la grande famille des TCA. On allait me garder prisonnière. Mon poids, la nourriture, plus jamais rien ne serait pareil.

Tout le monde me regardait avec de grands yeux effarés. On chuchotait le mot Anorexie à ma mère. Je secouais la tête, je n'étais pas anorexique ! Les anorexiques, elles ont peur de grossir, elles ne veulent que la peau et les os, elles se font vomir. Je ne voulais pas être maigre, mais je n'avais pas faim tout simplement et je ne voulais pas être malade. Du haut de mes 80 lbs, je me sentais grise.

Et aussi vite que l'émétophobie s'est pointée le nez dans ma vie, aussi vite elle en est sortie.

Je me suis remise à manger, à reprendre le poids perdu, à ne plus avoir peur de vomir. Je sais pas ce qui s'est passé, j'aimerais avoir une meilleure explication, mais réellement, cette partie de ma vie n'est qu'un blanc de mémoire. Je ne sais pas quel a été le déclic... je n'ai plus jamais eu peur de vomir au point de me priver de manger, mais je garde une haine incontestable contre les maux de coeur et les nausées.

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12-05-2006, 21:55:32 RubbaDucky

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- Calor-obsession

Je déteste le dimanche

Je ne veux pas criser cette fin de semaine.
je veux garder le contrôle.
J'en ai marre de passer la semaine à surveiller ce que je mange, pour ensuite tout gâcher en 2 jours.


Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Ce sont les plus beaux jours de la semaine, oui oui, même le lundi... surtout le lundi !

Parce que j'ai le contrôle. Je ne criserai jamais la semaine. Pourquoi ? Parce que je me l'interdis. J'ai ma petite routine, un horaire assez régulier, je ne suis pas déstabiliser et cela évite de tomber dans le grignotage compulsif.


Pourquoi le lundi ?
Généralement, la veille, j'ai mangé jusqu'à m'en rendre malade, alors que je le veuille ou non, le lendemain, l'appétit est pas là, je veux perdre ce que j'ai pris et rétablir l'équilibre. Alors jamais de crises le lundi, plutôt une restriction proche de l'anorexie... Pas plus de 1300 cal pour la journée + 1h de cardio au gym. Et comme le lundi, je suis d'une humeur massacrante à cause de la veille, je me fais un honneur de respecter ce code de conduite. POurtant, je sais bien que les kilos que je prends à cause des crises ne paraissent même pas. Mais c'est pas autant le poids qui me gêne que le fait de ne pouvoir résister à la crise.

J'ai pourtant réussi à arrêter les crises pendant une looooongue période. Il y a 1 an et demi, j'étais en pleine période hyperphagique. J'étais obèse. Je crisais tous les jours. Puis du jour au lendemain, j'ai mis fin à ce rythme infernal et je me suis reprise en main. Je ne crisais plus du tout, ou du moins, une fois par mois. Évidemment, il y avait la motivation de perdre du poids qui était là pour m'aider à tenir le coup, mais maintenant, j'ai plus rien :(

Fin de semaine = plaisir
Et plaisir = bouffe à volonté (en tout cas, pour moi quelques fois...)
Je ne veux pas m'empêcher de me faire plaisir, au contraire. Mais je veux un équilibre. Un juste milieu.
Ai-je le droit d'avoir ça, moi ?

Et en plus, ma belle-mère nous a invité à bruncher chez elle pour la Fête des Mères. Pas que je déteste ma belle-mère, mais j'appréhende toujours d'aller manger chez elle.
Encore des miettes de TCA qui trainent après 1 an de "guérison"...

Peur de criser chez elle. Parce que je ne veux plus me priver et lui faire de la peine en ne mangeant presque rien. Mais je suis incapable de me contrôler : soit je ne chipotte dans mon assiette, soit je me gave.
Et si je commence une journée en crisant, c'est clair que le reste de la journée est catastrophique, parce que je me dis que cette journée est perdue, gâchée, alors autant en profiter et manger sans fond.

Merci à vous, TCA, qui m'empêchent d'atteindre un centre, un équilibre que j'avais pourtant avant...



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12-05-2006, 21:20:49 RubbaDucky

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Hollywood Gossip - ou tuer le temps de façon inutile -